En Afrique de l’Ouest, les Défenseurs des Droits Humains (DDH) sont au cœur des luttes pour la justice sociale, la transparence et la consolidation de l’État de droit. Pourtant, leur engagement reste exposé à des menaces, des arrestations arbitraires et des campagnes de stigmatisation. Dans ce contexte, le ROADDH s’est affirmé comme une plateforme régionale essentielle, mobilisant ses coalitions membres pour protéger les DDH et renforcer leur reconnaissance auprès des États.
Un plaidoyer constant auprès des États
Le ROADDH a développé une stratégie de plaidoyer et de lobbying qui repose sur :
La sensibilisation des gouvernements à l’importance de garantir un environnement sûr et favorable aux DDH ; la promotion de lois et politiques nationales conformes aux standards internationaux, notamment la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits humains (1998). Une initiative fortement soutenue par le partenaire International Service for Human Rights (ISHR) qui accompagne les coalitions membres du Réseau et d’autres organisations à l’adoption de lois de protection des DDH.
La stratégie du ROADDH repose aussi sur le dialogue institutionnel, à travers des rencontres bilatérales et multilatérales avec les autorités nationales, afin d’obtenir des engagements concrets pour la protection des DDH et la mobilisation citoyenne et régionale. Qui permet de fédérer les organisations locales pour porter une voix commune auprès des décideurs politiques.
Interaction avec les mécanismes africains, régionaux et internationaux
Le ROADDH ne limite pas son action au niveau national. Il s’inscrit dans une dynamique transnationale en collaborant avec plusieurs mécanismes notamment la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), avec son Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits humains, pour documenter les violations et obtenir des recommandations contraignantes.
La CEDEAO qui plaide pour l’intégration de mécanismes régionaux de protection des DDH dans ses politiques de gouvernance et de sécurité ; les Nations Unies, à travers le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et les procédures spéciales, qui portent les préoccupations des DDH ouest-africains sur la scène internationale. Et les partenaires internationaux et ONG globales, pour renforcer la solidarité et obtenir un soutien technique et financier aux initiatives locales.
Des avancées notables
Grâce à ce travail de plaidoyer et de lobbying, le ROADDH a contribué à l’ouverture d’espaces de dialogue entre États et société civile ; la reconnaissance accrue du rôle des DDH dans les processus électoraux et de gouvernance ; la mise en place de mécanismes nationaux de protection, inspirés des standards régionaux et internationaux et le renforcement des capacités des organisations locales pour documenter les violations et mener des plaidoyers efficaces.
Un appel à la responsabilité des États
Le ROADDH rappelle que la protection des DDH est une obligation juridique et morale des États, inscrite dans les instruments africains et internationaux. Il appelle les gouvernements à adopter des lois protectrices et à mettre fin aux pratiques de criminalisation des DDH. Au-delà de cela, il attire l’attention des institutions régionales et internationales à renforcer leurs mécanismes de suivi et de sanction tout en faisant appel aux partenaires techniques et financiers à soutenir durablement les initiatives de protection et de plaidoyer.
En rappel, le combat du ROADDH est celui d’une Afrique de l’Ouest résiliente, où les défenseurs des droits humains peuvent agir librement pour bâtir des sociétés justes et inclusives. En mettant en exergue son interaction avec les mécanismes africains, régionaux et internationaux, il s’agit de rappeler que la protection des DDH est une responsabilité partagée, et une condition indispensable pour la démocratie et la paix dans la région.
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